PG

Pascal Gygax

Psycholinguiste

Primé du Nobel suisse, il nous conscientise sur le poids des mots

component bloc not found

C’est pour couronner vingt années de recherche sur l’influence du langage sur notre vision du monde que Pascal Gygax a reçu le Prix Marcel Benoist, considéré comme l’équivalent du Nobel en Suisse. Dans Le Cerveau pense-t-il au masculin? (qu’il a coécrit avec Sandrine Zufferey et Ute Gabriel), le psycholinguiste de l’Université de Fribourg présente le résultat indubitable de nombreuses études: lorsque notre cerveau est confronté à une phrase au masculin pluriel, il le comprend comme spécifique (propre au sexe masculin) et non comme générique (incluant tous les êtres humains). Pascal Gygax a notamment montré que cette prééminence du masculin offre «une vision du monde déformée, limitée et contraignante» et induit différentes conséquences, jusqu’à conditionner nos choix professionnels et nourrir les stéréotypes et les inégalités femmes-hommes. Pour éviter ces écueils, ce vulgarisateur persévérant prend son bâton de pèlerin pour expliquer que l’écriture inclusive ne se résume pas au point médian, mais qu’il y a de nombreuses autres possibilités pour éviter de survisibiliser les hommes et d’invisibiliser les femmes. Il nous rappelle non seulement que la langue est politique, mais que le langage a un effet, et qu’il nous faut «savoir celui qu’on veut lui donner.» Stéphanie Arboit
Chargement