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Dominique Reymond
Comédienne
L’éternelle stupéfiante
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Dans son visage, sauvagerie – tempérée – et tendresse font bon ménage. En 2025, la comédienne genevoise Dominique Reymond, 67 ans, a frappé, au cinéma dans La Cache, le nouveau film du Suisse Lionel Baier, sur les planches dans L’Amante anglaise, ce huis clos à l’étouffée monté par Emilie Charriot, au Théâtre de Vidy à Lausanne et à l’Odéon à Paris. A l’écran, elle était ainsi poignante et belle au côté de Michel Blanc, en écrivaine qui se souvient, alors que monte la marée de Mai 68, du cauchemar de l’Occupation, de ces jours et de ces nuits blottie dans un terrier, histoire d’échapper aux rafles. Au théâtre, elle fascinait dans sa petite robe noire, coupante comme la guillotine en meurtrière durassienne énigmatique. Dominique Reymond est de ces interprètes, brûlants quoi qu’ils fassent, qui toujours (d)étonnent. A Paris, où elle s’est formée dans les années 1980, son prof, le metteur en scène Antoine Vitez, lui recommandait de «jouer pour de rire.» L’actrice avait 10 ans quand, pour la première fois, elle a foulé les planches à la Comédie de Genève – c’était La Maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca. Elle était sauvageonne et imprévisible, parions. Elle «jouait déjà pour de rire». Le feu des enfants du paradis.
Alexandre Demidoff
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